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Les connaissances traditionnelles anciennes pourraient favoriser l’élevage moléculaire des plantes du futur

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Traduit de l’anglais par Melanie Beauchesne.

En se concentrant sur l’Éthiopie, un groupe de chercheurs italiens et éthiopiens a découvert que les connaissances traditionnelles des agriculteurs en matière de cultures pourraient aider les sélectionneurs de plants à identifier les caractéristiques génétiques du blé qui sont bénéfiques. Ce faisant, cela pourrait leur permettre de créer des variétés résilientes et productives adaptées aux besoins spécifiques des agriculteurs.

Environ 80 % des agriculteurs éthiopiens sont des petits exploitants, et le pays est également le plus grand producteur de blé de l’Afrique subsaharienne. Celui-ci est cultivé principalement dans les hauts plateaux montagneux, une région particulièrement menacée par les effets variables des changements climatiques. Des méthodes novatrices pour améliorer la culture du blé dans le pays pourraient donc être très prometteuses pour l’avenir de cette céréale essentielle.

Les chercheurs ont divisé l’étude sur deux sites dans les hauts plateaux. À chacun des sites, ils ont choisi 30 petits exploitants, tous producteurs de blé. Ils ont demandé à ces cultivateurs d’examiner 400 variétés de blé, plantées et cultivées sur des parcelles gérées, et d’évaluer les différentes souches en fonction des connaissances traditionnelles sur les caractères de croissance les plus bénéfiques dans les conditions locales. Les caractéristiques qui se sont révélées les plus significatives comprenaient le moment précis de la floraison des plants et le nombre de grains sur chaque plant. Parallèlement, les chercheurs ont effectué une analyse génétique sur cinq échantillons de chaque variété de blé.

Curieusement, grâce à cette analyse, les chercheurs ont découvert que les traits identifiés par ces cultivateurs pour chaque souche pouvaient les guider avec succès vers des éléments clés des génomes de ces plantes. Cela leur a permis de localiser 124 emplacements importants dans l’ADN des plantes, segments contenant les gènes régulant les traits préférés des cultivateurs. « Nos résultats montrent que les évaluations des agriculteurs sont mesurables et peuvent être reproduites », expliquent les chercheurs.

L’étude présente quelques-unes des premières preuves montrant que les connaissances traditionnelles anciennes peuvent être utilisées efficacement pour guider les efforts de sélection moléculaires des plantes. Les reproducteurs pourraient utiliser ces repères génétiques pour sélectionner des variétés comportant de multiples caractéristiques bénéfiques, et produire des variétés particulièrement adaptées aux besoins spécifiques à la région des agriculteurs ; que ce soit pour les cultures qui fleurissent à des températures précises en fonction du climat, ou pour des cultures particulièrement productives sous certaines conditions.

Les chercheurs croient que cette approche fondée sur les savoirs anciens pourrait bénéficier aux petits agriculteurs d’autres régions du monde, en leur permettant de développer des cultures qui répondent mieux aux conditions uniques auxquelles ils sont exposés. « Les connaissances traditionnelles anciennes pourraient permettre une amélioration rapide des techniques de sélection du futur », disent-ils.

Source: Kidane et al. “Genome Wide Association Study to Identify the Genetic Base of Smallholder Farmer Preferences of Durum Wheat Traits.” Frontiers in Plant Science. 2017.

Photo credit: CIMMYT

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