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Attribuer les conditions météorologiques extrêmes aux changements climatiques pourrait aider à limiter les émissions de carbone

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Traduit de l’anglais par Melanie Beauchesne

Pour l’Est et le centre de l’Amérique du Nord, 2018 marque le début d’année le plus froid depuis plusieurs décennies, avec des températures jusqu’à 50 degrés Fahrenheit sous les normales dans certaines régions. La vague de froid a provoqué des rires prétentieux, quoique prévisibles, de la part des sceptiques des changements climatiques.

Mais les scientifiques ont fait remarquer que non seulement la majeure partie du reste du monde est encore plus chaude que la normale, mais que les changements climatiques pourraient même rendre plus probable le froid hivernal extrême dans l’est de l’Amérique du Nord. Bien qu’il soit encore difficile de relier une vague de froid ou tout autre événement météorologique particulier aux changements climatiques, selon une nouvelle étude ces scientifiques pourraient se tourner vers une stratégie puissante pour lutter contre les changements climatiques.

L’analyse, publiée le 1er janvier dans Nature Climate Change, suggère que l’identification de l’empreinte des changements climatiques lors de conditions météorologiques locales extrêmes pourrait motiver les gens à réduire les émissions de carbone, et ainsi aider à limiter les changements climatiques.

Jusqu’à présent, la plupart des modèles climatiques supposaient que les gens continueraient à agir de manière à causer des émissions de carbone même lorsque les changements climatiques sont en cours et que les vagues de chaleur, les tempêtes et les sécheresses s’aggravent. Mais ce n’est pas nécessairement le cas, disent les chercheurs.

Pour explorer la boucle de rétroaction entre le climat et le comportement, ils ont combiné un modèle climatique standard avec une théorie bien connue du changement comportemental humain. Les chercheurs ont utilisé des projections de température du modèle climatique pour déterminer la probabilité d’événements météorologiques extrêmes, puis ont utilisé la partie sociale du modèle pour prédire l’influence de ces événements extrêmes sur les comportements humains causant des émissions. À leur tour, ces comportements causant des émissions ont ensuite été réintroduits dans le modèle climatique afin d’influencer la prochaine série de projections de température.

Ils ont effectué 766 656 simulations, en faisant varier différents paramètres et caractéristiques du modèle, afin d’analyser quels facteurs ont le plus d’influence sur le changement des températures. Ils ont constaté que si les gens réagissaient de façon spécifique aux changements climatiques grandissants, la quantité éventuelle de réchauffement pourrait être bien inférieure à ce que le modèle climatique pourrait prédire à lui seul.

L’analyse suggère que pour maintenir le réchauffement à un minimum, les gens doivent croire que les comportements limitant les émissions sont considérés comme la bonne chose à faire, et ils doivent croire qu’il est possible de prendre des mesures pour limiter les émissions.

Limiter le réchauffement climatique dépend aussi du choix de stratégies d’atténuation cumulatives – des changements à long terme qui tendent à se renforcer, comme les infrastructures, l’adoption de véhicules hybrides et l’évolution des politiques et des règlements publics – plutôt que ceux qui peuvent facilement être inversés, comme changer les réglages du thermostat ou limiter sa conduite d’automobile.

Enfin, des changements de température les plus minimes se sont également produits dans les simulations du modèle qui supposaient que les gens seraient très sensibles dès le début aux perceptions des risques de phénomènes météorologiques extrêmes.

C’est là qu’intervient la stratégie consistant à apprendre à identifier quand des phénomènes météorologiques extrêmes sont liés aux changements climatiques. Des preuves démontrent que les conditions météorologiques extrêmes et les changements à long terme du climat local peuvent accroître les préoccupations des gens à l’égard des changements climatiques. La couverture médiatique d’événements météorologiques extrêmes éloignés pourrait également sensibiliser et susciter des préoccupations.

« Les politiques qui facilitent l’attribution rapide et fiable d’événements météorologiques extrêmes aux changements climatiques peuvent accroître assez rapidement les risques perçus des changements climatiques et faciliter les changements dans les comportements liés aux émissions », écrivent les chercheurs. En d’autres termes, nous devons créer une panique collective à propos des changements climatiques dès que possible.

Source: Beckage B. et al. “Linking models of human behaviour and climate alters projected climate change. Nature Climate Change2018.
Image: Brian Hawkins via Flickr.

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