Petites villes, grand potentiel de biodiversité

Traduit de l’anglais par Melanie Beauchesne

Les études sur la faune urbaine qui se concentrent exclusivement sur les grandes métropoles peuvent négliger les possibilités de conservation dans les petites villes, selon une analyse publiée dans la revue Urban Ecosystems.

Dans cette étude, les chercheurs ont fait l’inventaire des petits mammifères vivant au sol, tels que les souris, les campagnols et les musaraignes, à Chelm en Pologne, une ville d’environ 65 000 habitants. Ils ont trouvé qu’en dehors de la partie la plus ancienne et la plus dense de la ville, les espaces verts de Chelm conservent une biodiversité de mammifères assez saine, similaire à celle des zones rurales avoisinantes.

Cela contraste avec la plupart des études sur la biodiversité dans les villes moyennes et grandes, qui trouvent typiquement un éventail relativement limité et uniforme d’espèces tolérantes aux zones urbaines, même sur les sites situés en périphérie de la ville.

Très peu d’études sur la biodiversité urbaine se sont penchées sur les petites villes comme Chelm – celles avec moins de 100 000 habitants et ayant une superficie de moins de 100 kilomètres carrés. Mais il y a plus de petites villes que de grandes villes dans le monde, et les petites villes couvrent plus de superficie que les grandes.

« De plus, » écrivent les chercheurs, « dans un avenir proche et dans de nombreux pays en développement, la majeure partie de la croissance urbaine devrait avoir lieu dans les petites et moyennes villes. » Cela signifie que comprendre la biodiversité actuelle des petites villes est crucial afin de la protéger à mesure que ces villes se développent.

Les chercheurs ont utilisé des pièges à capture vivante afin de capturer des petits mammifères dans 21 sites situés dans les limites de la ville de Chelm et 20 sites dans une zone rurale en dehors de la ville. Les sites de la ville comprenaient 7 espaces verts au « centre-ville », situés dans la partie la plus ancienne et la plus dense de Chelm et isolés d’autres habitats par des bâtiments et des routes ; 7 sites de type « couloirs verts » situés le long de la rivière Uherka ou le long de la ligne de chemin de fer principale passant par la ville ; et 7 espaces verts en périphérie de la ville.

Au total, ils ont capturé 2 333 petits mammifères représentant 15 espèces. Cela comprenait 1 213 individus de 13 espèces sur les sites de la ville et 1 120 individus de 14 espèces sur les sites ruraux.

Les petits mammifères étaient moins abondants au centre-ville qu’aux sites ruraux, ont révélé les chercheurs. Les sites du centre-ville avaient également une faible diversité de petites espèces de mammifères, moins d’espèces sensibles aux zones urbaines et une proportion beaucoup plus élevée d’espèces tolérantes aux zones urbaines que les sites ruraux.

Par exemple, quatre espèces de musaraignes et cinq espèces de campagnols – groupes qui sont connus pour être sensibles au développement urbain – étaient présentes sur les sites ruraux, mais seulement une espèce de chacun était présente dans les sites du centre-ville. Tandis que les souris du genre Apodemus et tolérantes aux zones urbaines, représentaient la grande majorité des animaux trouvés dans les sites du centre-ville, mais étaient extrêmement rares sur les sites ruraux.

Ces résultats sont semblables à ceux observés dans les études sur la biodiversité dans les moyennes et grandes villes. Mais à Chelm, seuls les sites du centre-ville possèdent une petite communauté de mammifères qui diffère considérablement des zones rurales environnantes.

En revanche, le nombre et la composition des espèces dans les sites des couloirs verts et en banlieue de la ville étaient semblables aux sites ruraux. « Ces zones peuvent être habitées même par des espèces sensibles à l’urbanisation », écrivent les chercheurs.

Ils recommandent aux urbanistes de considérer comment maintenir la biodiversité au fur et à mesure que les petites villes se développent, en laissant par exemple des sites non aménagés, en établissant un système de corridors d’habitat pour relier les zones vertes, et en protégeant à long terme les sites les plus précieux. Ce phénomène de faune relativement inchangée à l’extérieur du centre-ville montre que les petites villes ont le potentiel, avec une planification appropriée de l’expansion urbaine, de maintenir un niveau élevé de diversité de petits mammifères vivant au sol », ont écrit les chercheurs.

Source: Lopucki L and I Kitowski. “How small cities affect the biodiversity of ground-dwelling mammals and the relevance of this knowledge in planning urban land expansion in terms of urban wildlife.” Urban Ecosystems. 2017.

Image: Banksy

  | Anthropocene

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